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Cet (long) article a pour but de créer du lien entre les histoires que nous voulons transmettre et les technologies que nous avons à disposition pour y parvenir.

Utilisateur et expérimentateur de ces technologies, j’ai voulu prendre un peu de recul et placer ces outils dans une perspective plus large.

Entre l’histoire racontée et son destinataire, les technologies sont partout. A son origine pourtant, la narration empruntait un chemin très direct, de la bouche du conteur à oreille de son auditoire. Les sensations provoquées par le talentueux raconteur d’histoires pouvaient atteindre une intensité dramatique maximale, provoquer frissons et des cauchemars ou au contraire produire les pensées les plus oniriques. Sa force résidait dans les mots, dans la profondeur du ton ou d’une gestuelle particulièrement démonstrative.

Depuis cette époque originelle des premiers conteurs-comédiens, des dispositifs toujours plus complexes sont venus enrichir, mais aussi complexifier l’art de raconter les histoires. Et cela a-t-il peut être commencé autour d’un feu, dans l’entrée d’une sombre caverne. Pour enflammer l’imaginaire, pour raconter les exploits des ancêtres ou pour partager des visions plus ésotériques, la parole et la gestuelle ne suffisaient plus. Il fallait inventer de nouveaux outils.

La haute technicité des outils de présentations actuels et leurs évolutions constantes nous forcent à réfléchir à leurs usages. Aujourd’hui comme hier, ces outils ont pour objectif de nous immerger au plus profond de l’histoire, en fournissant à notre cerveau des sensation toujours plus réalistes, voire a altérer encore d’avantage notre perception de la réalité, et, paradoxalement, a nous rapprocher du but du conteur au coin de son feu, qui parvient au seul son de sa voix à stimuler notre imaginaire et à nous faire vivre une expérience marquante voire à influencer durablement notre jugement.

Autre changement : l’usage massif de l’interactivité, qui a cassé la linéarité du cinéma, elle-même si propice à la transmission grâce à la passivité consentante du spectateur-récepteur. L’interactivité elle, a pour faculté de projeter l’histoire dans une nouvelle ère, celle des cheminements exploratoires, tout aussi passionnants mais tellement différents des médias linéaires. Cette richesse doit être soigneusement expérimentée et apprivoisée tant son potentiel de diversifier nos consommations des productions audiovisuelles semble important.

Que faire de tout cela ?

Notre tourisme dit qu’il va devoir se réinventer et proposer de nouvelles expériences. La matière première est connue : il s’agit essentiellement d’un cadre territorial qui permet l’évasion et la pratique d’activités différentes, sportives, ludiques ou de détentes. Ce qui fera la différence, c’est la façon dont nous valoriserons ce cadre. C’est là que les nouvelles technologies de présentations audiovisuelles, couplées avec des produits professionnels de narration du territoire devront constituer une plus-value propres à nous différencier de nos concurrents. Nous devons y songer dès maintenant et adopter avec discernement ces nouveaux outils.